vendredi , 10 juillet 2020
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Internet et le bon vieux temps : Questions de sémantique…

Nous vivons une époque formidable où l’information fuse de partout et nous arrive dans l’instant sur nos téléphones portables, pour peu que l’on souhaite suivre l’actualité au fil de la journée.

 

Que les sources soient vérifiées ou non, la diffusion est immédiate. Internet, les médias en ligne, Twitter, les réseaux sociaux facilitent et accélèrent ces transferts. La «vérité» en revanche devient de plus en plus compliquée à trouver, des questions de sémantique se posent et nos modes de communication actuels les rendent plus cruciales.

Les médias et réseaux divers : information, désinformation ou intox ?
Nous recevons chaque jour, voire chaque minute, une masse d’informations sur nos téléphones portables et nos ordinateurs de bureau. Elle relève de notre environnement de travail ou de l’extérieur, surtout si nous avons installé les applications facilitant la lecture de nos journaux, chaînes,… préférés. Aussitôt diffusée, aussitôt transmise. De l’info en temps réel. Inutile d’attendre le journal du soir pour réceptionner toutes les nouvelles du jour, bonnes ou mauvaises, vraies ou hypothétiques.
Pourtant, prudence à la lecture car  il devient de plus en plus ardu de faire la part des choses. Eh oui, même les ragots se transforment aujourd’hui en «information». Bien sûr, il faut aller vite, de plus en plus vite et les médias doivent être très réactifs.
Ainsi, j’ai appris qu’un tsunami allait balayer Casablanca en décembre suite à une éclipse solaire de trois jours. Panique à bâbord. Nous cherchons déjà comment nous organiser face à cette gigantesque crise ! De plus, cette information serait venue de la NASA et des vidéos montrant cette vague géante seraient déjà sur le Net. Et puis, c’est déjà passé aux infos. Donc, il est certain que nous approchons de la fin du monde en décembre 2014 (comme en 2000…).
Bien entendu, dès que cela peut toucher ma famille, je creuse. Et… il semblerait que ce soit un canular. En revanche, rien ne nous empêche de nous préparer à évacuer ! Mieux vaut prévenir que guérir ou périr

La sémantique dans les médias, très intéressant
Insurgés, rebelles sont des termes qui ont été largement utilisés pour qualifier une partie de la population de plusieurs pays : Irak, Afghanistan, Syrie,…
Ces rebelles sont, d’après ce que nous pouvons comprendre, hostiles au gouvernement en place. En revanche, lorsque les médias parlent de ces groupes, ils les qualifient très rarement d’opposants ou de groupes d’opposition. Pourquoi choisir le qualificatif de «rebelle» ?
Personnellement, je connais des enfants rebelles, insoumis mais que l’on parle de rebelles qui s’opposent à un gouvernement, un Etat, je suis toujours très étonnée. Peut-être ai-je tort.
Dans les mots qui reviennent de plus en plus fréquemment, on trouve «intégriste», une personne qui, au nom du respect intransigeant de la tradition, se refuse à toute évolution et/ou qui adopterait un conservatisme intransigeant en matière de doctrine politique. D’ailleurs, peut-on le considérer comme un extrémiste, soit celui qui adopte un comportement politique consistant à défendre les positions les plus radicales d’une idéologie ou d’une tendance ?
Je m’amuse avec les mots comme les médias s’amusent et je ne fais que reprendre les définitions du Larousse, et pourquoi pas celles-là ?
Et n’oublions surtout pas ce fameux «terroriste», c’est-à-dire celui qui participe à un ensemble d’actes de violence (attentats, prises d’otages, etc.) commis par une organisation (un Etat ?) pour créer un climat d’insécurité, pour exercer un chantage sur un gouvernement, pour satisfaire une haine à l’égard d’une communauté, d’un pays, d’un système.
Je trouve aujourd’hui que ce dernier mot est très, trop galvaudé. Il suffit de constater qu’un terroriste ou un Etat terroriste est simplement celui qui… ne plait pas à d’autres, souvent pour des questions d’intérêts. Franchement, je ne sais plus aujourd’hui qui ou quel Etat est effectivement terroriste, quels groupes d’action sont terroristes. Tout cela est bien confus.

Rappelons-nous l’histoire… sans Internet !
Je souhaite simplement terminer avec un clin d’œil à la France et Louis XVI à la fin du XVIIIème. La révolution a simplement eu lieu in situ. Ces révolutionnaires étaient-ils des terroristes ??
Certainement selon la définition du Larousse. Néanmoins, la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen a été proclamée le 26 août 1789, là encore sans intervention extérieure. Ces terroristes étaient donc des opposants avec un programme clair.
Bref, ce qui doit se faire se fait, laissons chaque pays, ses dirigeants et ses opposants réaliser leurs projets sans interventions extérieures partisanes.
Un vœu pour finir : que les médias soient moins partiaux et plus modérés dans leur présentation de l’information, tout en rappelant le droit international sur certains dossiers.
Isabelle Reydet, Consultante indépendante / Accompagnement personnalisé

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