jeudi , 13 août 2020
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A l’autre bout du monde

Je n’ai pas regardé un seul match de la Coupe du monde. Je n’ai été à aucun concert d’aucun festival. Je n’étais pas en hibernation non plus. Les sexistes diraient que c’est une femme et de surcroît sans oreille musicale.

Hélas, ils se tromperaient. Le foot, ça me connait; mais sans notre sélection nationale je n’éprouve aucun goût à encourager, à stresser pour celles d’autres nations. Alors je m’abstiens. Les pronostics par contre j’en fais et ça marche au moins une fois sur trois. D’ailleurs je pense que la finale serait européenne et se disputerait entre l’Allemagne et les Pays-Bas. Mes amis me disent que ce Mondial sera fort probablement brésilien, sinon et au pire des cas argentin. Sauf que je ne fais pas attention à leur raisonnement francisé. Ce n’est pas parce que la France a gagné le Mondial qu’elle a organisé qu’il en va de même pour tous les pays hôtes. D’ailleurs je peux imaginer le Maroc organiser une Coupe du monde mais je n’oserai même pas rêver qu’il la gagne.

Quant aux festivals, ceux qui pensent que je n’aime pas la musique se trompent car même si les goûts sont différents, tout le monde aime la musique. Et avec une programmation comme celle de Mawazine, tout le monde y trouve son compte. Sans compter les festivals de Fès et d’Essaouira qui nous offrent le tour des musiques du monde. Le seul bémol est la foule. J’ai horreur de Zham. Je ne roulerai pas des kilomètres et des kilomètres pour ne pas trouver où stationner et m’entourer à la fin d’une incroyable foule. La musique, je l’écoute chez moi dans le silence absolu et sans aucune voix autre que celle du chanteur. D’ailleurs, je ne vous ai jamais dit que je ne fais pas les magasins, que je ne vais pas aux souks et que j’évite les grandes surfaces commerciales. Le tout est lié à Zham. Je me dis que tant que je peux faire autrement pourquoi m’infliger une telle peine. Heureusement que les cartes de paiement et les sites de vente en ligne sont là pour me faciliter la vie.

Revenons à mon histoire, ceux qui aiment résoudre les énigmes diraient que je suis loin du pays. Oui en quelques sortes je le suis. Je vis ces derniers temps au Québec mais sans avoir dépassé les frontières marocaines. Je m’explique : comme mon mari n’a pas pu m’offrir un voyage pour mon anniversaire, il m’a offert une adresse IP canadienne. Son objectif n’était pas de m’aider à mentir à mes amis virtuels en marquant une position sur 4SQ ou Facebook. L’idée est d’avoir accès au service de la télévision à la demande de Netflix.Le service n’étant pas disponible ni au Maroc ni en France, le Canada s’offre comme solution pour visionner du contenu francophone. Son idée de génie était d’acheter une adresse IP canadienne et de s’abonner à travers elle à Netflix. Pour être franche, nous n’avons pas encore payé le service puisque le mois de test est gratuit.

Après deux soirées sur Netflix, nous avons débranché le câble satellite. Nous nous sommes ainsi coupés du monde. Nous regardons ce que nous voulons quand nous le voulons. Pour les infos, nous continuons à lire les journaux chaque matin et grâce à nos Smartphones et aux newsletters rien ne nous échappe pendant la journée. Nos soirées se terminent quotidiennement avec un bon film qu’on choisit à tour de rôle. Les weekends ce sont plutôt les séries que nous consommons sans modération. L’avantage c’est que nous pouvons commencer et terminer une série en un seul weekend. Je vous en recommande d’ailleurs deux que j’ai drôlement appréciées. La première est la série britannique «The Hour» en deux saisons chacune de six épisodes. La série raconte l’histoire d’une nouvelle émission d’information créée pour la BBC en 1956 où la productrice et les journalistes explorent une nouvelle manière de faire l’info. La seconde est « House of Cards », une série américaine adaptée d’une série antonyme britannique, elle-même adaptée du roman de Michael Dobbs.Vingt six épisodes durant, Francis (interprété par Kevin Spacey), un élu démocrate à la Chambre des représentants, fait tout pour arriver à la présidence. Les deux séries méritent réellement le détour.

Vous voyez que je ne tiens pas mes promesses vu que je regarde encore les séries alors que je m’étais promis le dernier mois de basculer vers les films d’auteur. Maintenant que j’en parle, j’en chercherai un ce soir sur Netflix.

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