dimanche , 29 avril 2018
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Mohamed Khiari : «Au Maroc, on n’a que les droits d’odeur»

C’est l’un des humoristes marocains les plus en vue. Mohamed Khiari est à lui seul un festival de rire. Débordant d’énergie comme à ses débuts et plein d’imagination comme un vieux briscard, il ne fait pas dans la dentelle. Récemment, Khiari a donné un spectacle à Souk Larbaâ. Il a failli y laisser la vie. Retour sur ce triste épisode qui ne fera pas plier un artiste qui dit n’être à la solde que de son pays.

 

 

 

 

 

L’internaute : Que s’est-il passé exactement à Souk Larbaâ ?

Mohamed Khiari : Ce qui s’est passé est que j’étais invité pour donner un spectacle. Un accueil des plus chaleureux m’a été réservé, mais à la fin du spectacle, j’ai été sauvagement agressé par des personnes dont j’ignore l’identité et les motivations. En plus, j’ai reçu plusieurs menaces par appels anonymes.

On estime que c’est votre discours peu amène à l’égard des responsables qui a été à l’origine de cette agression…

Je ne crois pas puisque les responsables m’ont témoigné une grande sympathie. Certains d’entre eux, accompagnés de leurs enfants, ont même pris des photos avec moi. Pour dire la vérité, je ne sais pas qui a voulu attenté à ma vie. Et je n’accuse personne.

Des rumeurs font état d’une prise de position flagrante favorisant des responsables au profit d’autres notamment à l’approche des élections. Qu’en dites-vous ?

En effet. On avance même que je suis à la solde du PJD (Parti de la justice et du développement).C’est totalement faux. Si je suis à la solde de quelqu’un, c’est bel et bien mon pays.

Pourtant, à voir la vidéo de votre spectacle largement diffusée sur YouTube et dans les réseaux sociaux, on a l’impression que vous faites plus dans la politique que dans l’humour…

Ce métier d’humoriste, je l’exerce depuis trente cinq ans. Je n’ai pas changé d’un iota. Vous pouvez recourir à l’archive de la télévision nationale pour vous rendre compte que j’ai toujours eu à cœur de plaider la cause des marginalisés et des laissés pour-compte.

C’est pas l’affaire des politiques ?

Non, c’est aussi l’affaire des artistes et surtout des humoristes. Je ne crois pas en un art qui se départit des problèmes de la société, qui tourne le dos aux doléances du peuple. Prenez l’exemple de Adil Imam et Mohamed Sobhi en Egypte ou encore Bziz au Maroc…

Où en est «Masrah Al hay» ? Est-il mort et enterré ?

«Masrah Al hay» était une expérience unique au Maroc. Les chaines de télévision diffusent de temps en temps nos pièces de théâtre, et elles sont toujours suivies avec le même plaisir, le même engouement. J’espère de tout mon cœur que cette troupe inégalable se réunira à nouveau. En tout cas, je suis prêt à retenter l’expérience.

Etes-vous un féru du Web ?

Oui, je le suis. Et je n’imagine pas comment un artiste peut ne pas l’être. C’est certes un excellent outil de communication, mais aussi une source d’inspiration.

Que vous apporte le Web ?

C’est d’abord un moyen efficace de communication. Il me permet également de m’informer, de lire ce qui se passe dans les quatre coins du monde. Et pour le métier que j’exerce, c’est une grande source d’inspiration.

Presque tous vos spectacles sont diffusés sur YouTube. Cela ne vous dérange-t-il pas ?

Absolument pas. Je suis même content et fier que mes concitoyens diffusent largement et partagent mes sketchs. C’est un signe d’amour et d’estime pour ce que je fais.

Et les droits d’auteur ?

(Rire). Au Maroc, on n’a que les droits d’odeur. Quand on sait que nos travaux sont piratés par des institutions étatiques telles que les télés, radios…De là, à s’offusquer lorsque des internautes nous diffusent, franchement ?

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