vendredi , 7 décembre 2018
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Mohammed Bassou, humoriste : «Facebook me permet de connaître les réactions du public»

Lauréat de «Comédie Show», il confirme jour après jour son talent d’humoriste. Ses Sketchs diffusés sur la Toile lui valent respect et estime. Pour autant, il appréhende le Web et n’entend pas pour le moment trop s’y aventurer en dépit des offres de grandes entreprises. Rencontre avec Mohamed Bassou, un jeune et non moins talentueux qui, malgré son succès, a su garder la tête sur les épaules.

 

«L’internaute» : Quoi de neuf ?
Mohammed Bassou : Pour le moment, je me concentre davantage sur mes études. C’est ma dernière année, et j’espère décrocher mon diplôme. C’est la raison pour laquelle je me suis installé à Casablanca avec ma petite famille (il est marié et a un garçon et une fille, ndlr). En parallèle, je réponds à des invitations pour donner de temps en temps des spectacles.

Vous êtes lauréat de «Comedia Show». Qu’est-ce que ça vous a apporté ?
Beaucoup de choses. D’abord, l’estime des gens. Je suis souvent interpellé dans la rue par des personnes que je ne connais pas, et qui me témoignent leur amitié. Cela fait beaucoup plaisir. Ensuite, sur le plan professionnel, en ayant la chance de rencontrer des humoristes qui m’ont précédé dans le domaine, j’ai acquis des techniques que je ne maitrisais pas comme, par exemple, comment interagir avec le public. Je peux dire que je suis passé du stade d’amateur à celui de quasi-professionnel. Mais le chemin est encore long.
Etre comédien, est-ce que ça rapporte ?
Sur le plan moral, ça rapporte. Si l’on s’évertue à faire des recherches, à bien travailler son texte, on peut convaincre le public l’espace de trois ou quatre minutes. Mais sur le plan financier, je crois qu’il est difficile de vivre de son art au Maroc. On a beau avoir toute la motivation du monde, si l’on n’est pas départi des tracas de tous les jours, on est souvent bloqué. La motivation morale, à elle seule, ne suffit pas. Il faut que l’artiste puisse d’abord disposer d’une vie décente.

En dépit de votre succès, vous avez insisté à poursuivre vos études. Vous êtes donc convaincu que l’art ne nourrit pas son homme ?
Les études, c’est avant tout un rêve de gosse. Je voulais toujours aller le plus loin possible. J’ai décroché ma licence, mais ça ne me suffisait pas. J’ai donc opté pour une grande école. C’est pour moi le moyen d’assurer mon avenir. Ensuite, j’estime qu’être artiste, c’est bien ; avoir du talent, c’est mieux. Mais être artiste talentueux en étant bien formé et cultivé, c’est encore meilleur. Car, c’est en ayant une formation académique, en plus des efforts personnels pour l’acquisition du savoir, qu’on peut être bénéfique pour la société.

Etes-vous toujours souriant dans la vie de tous les jours comme lorsque vous donnez spectacle ?
Difficile de répondre à cette question. De nombreuses personnes que je rencontre fortuitement, ne font pas la part des choses. Ils pensent que Mohammed Bassou à la télé est le même que dans la rue, à la maison, dans la classe. Il m’arrive de faire fi de mon état d’âme pour répondre à une sollicitation d’une personne rencontrée dans la rue, qui me demande de lui raconter une blague. J’acquiesce avec plaisir. Mais Mohammed Bassou est avant tout un être comme les autres. Je reste aussi à l’écoute de la société et de ce qui s’y passe. Beaucoup de choses me déplaisent et me rendent malheureux. Mais je vis avec l’espoir.

On vous a vu récemment donner une série de vidéos interviews au site febrayer.com. Comme cela est-venu ?
Tout simplement, les journalistes de febrayer.com m’ont contacté et j’ai accepté. Je ne peux refuser une sollicitation de la presse qui, d’ailleurs, m’a toujours soutenu.

Dans ces interviews, toujours consultables sur YouTube, on vous voit parler de politique. Je croyais que la politique n’était pas votre tasse de thé !
Détrompez-vous. Je suis l’actu politique de A à Z-comme on dit. Ceci dit, je n’ai pas d’appartenance à aucune formation politique bien que certains se soient hasardés à me coller une quelconque étiquette, faisant allusion à mes critiques de la gestion de la chose publique. Cependant, je pense que la politique, tout citoyen l’exerce d’une manière ou d’une autre.

Vous n’êtes pas tendre avec le chef du gouvernement Abdelilah Benkirane. Vous êtes PAM ou PI ?
Encore une fois, je le répète : je ne suis qu’un simple citoyen qui dit ce qu’il pense, qui exprime son opinion. Le plus important pour moi est que je ne dénigre pas les gens, que je ne porte pas atteinte à leur dignité. Lorsque j’évoque Benkirane ou une autre personnalité dans mes ses sketchs, c’est parce que le contexte le prête, c’est parce ces personnalités font l’actu. Et je le fais sans parti-pris. C’est une prise de position.

Faut-il qu’il y ait nécessairement une prise de position pouvant souvent laisser la porte ouverte aux interprétations ?
Oui, il le faut. Parce qu’on ne vit pas hors du temps, hors de la société. Personnellement, je ne conçois pas faire un sketch qui ne reflète pas mon vécu. Sinon, de quoi pourrais-je essayer de faire rire ? De la planète Mars ?

A part votre expérience avec Farida Benlyazid dans «Frontieras» où vous campez le rôle de journaliste, n’avez-vous pas eu d’autres propositions pour le cinéma ?
Je dois d’abord reconnaître que «Frontieras» avec cette grande Dame du cinéma marocain, était pour moi une expérience magnifique et enrichissante. Il y a eu une ou deux autres propositions par la suite, mais sincèrement pas importantes ou qui sont restées lettre morte. Mais, comme je l’ai dit auparavant, ce qui compte le plus pour moi actuellement c’est de terminer mes édues.

On vous voit très actif sur les réseaux sociaux. C’est votre manière de décompresser ?
Décompresser ? Le mot est peut-être exact. Mais de manière instructive. Pour moi, Facebook est un moyen de rester en contact avec le public. Cela me permet de connaître de nouvelles idées, les réactions des supporters par rapport à mes sketchs à la télé.

De nombreux comédiens se sont tournés vers le Web. Ne pensez-vous pas faire, par exemple, des podcasts ?
La question s’est posée à maintes reprises. Des entreprises et de grandes marques me l’ont proposé, mais j’ai décliné l’offre.

Ce n’était pas bien payant ?
Loin de là. Le fait est que je ne veux pas faire trois ou quatre choses à la fois. Je ne veux pas me disperser. Je pense que si l’on fait une seule chose et que l’on parvient à la faire comme il se doit, c’est mieux que de faire plusieurs choses à la fois tout en commettant plusieurs ratages. Vous voyez, le risque est grand. Je préfère, donc, minimiser les dégâts.

La vidéo «Ebola Cup» cartonne sur YouTube. C’est un plus pour vous ?
Nous-mêmes, les auteurs de cette parodie, sommes étonnés par le succès de cette vidéo. D’autant plus que cela a été fait en un temps record. Nous nous sommes réunis, et chacun donnait des idées qui ont été peaufinées en l’espace de quelques heures. Un plus pour moi ? Je ne sais pas. Mais je sais en revanche, d’après les commentaires des internautes, que la vidéo a agréablement surpris.
Propos recueillis par Abdelkader El-Aine

 

Casier numérique

2004 : Mon premier PC
1998 : Ma première adressé e-mail
2012 : Ma première connexion internet
2009 : Mon compte Facebook
Autres comptes à déclarer ? Aucun à part Facebook

 

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