vendredi , 7 décembre 2018
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Nabyl Ayouch «L’idée de ‘To My Land’ est celle du partage»

Nabyl Ayouch vient de lancer gratuitement sur Internet le premier webdocumentaire marocain (www.tomyland.com). Dans l’interview qui suit, le cinéaste nous explique la genèse de ce projet et les raisons du choix du Web pour sa diffusion.

 

Dans «To My Land», un carnet de voyage au cœur du Proche-Orient, Nabil Ayouch suscite un dialogue entre des exilés palestiniens et des Israéliens. Le cinéaste donne une nouvelle vision sur un conflit qui dure depuis plusieurs décennies. «Au delà de l’injustice que subissent au quotidien les Palestiniens, il y a une parole. Ce film donne la possibilité d’entendre les différents points de vue. J’ai voulu faire un film sur la mémoire», explique Ayouch. Interview.

 

L’internaute : Pourquoi avez-vous décidé de lancer votre documentaire «To my land» sur le Web ?

Nabyl Ayouch : J’ai conçu «To My Land» comme un voyage, avec différentes étapes. Ce voyage retrace ceux que j’ai faits au Proche-Orient entre 2003 et 2010, il reconstitue les mêmes étapes, pour permettre aux spectateurs de vivre à leur tour ce même voyage. Je voulais qu’ils soient en totale immersion et qu’ils puissent décider eux-mêmes de changer parfois d’itinéraire ou de sauter des étapes. Pour permettre cette interactivité et cette immersion, le Web est quelque chose de fantastique et de très adapté. Je visionne beaucoup de webdocumentaires depuis quelques années et je trouve très intéressant le potentiel que ce support offre pour raconter des histoires autrement.

Votre webdocumentaire est accessible gratuitement sur le Net. Qu’est ce qui a motivé ce choix ?

L’idée de «To My Land» est celle du partage. En revoyant toutes ces images, plusieurs années après, je me suis dit que je n’avais pas envie de les garder pour moi, que je voulais les partager avec le plus grand nombre, sans contrainte de langue (d’où le sous-titrage en français et en arabe), ni de moyens. C’est pourquoi j’ai voulu que personne n’ait à payer pour voir ces images et pour les faire circuler. Après, il y avait toujours la possibilité de trouver des sponsors. Sauf que le sujet est sensible et je ne voulais pas qu’on cherche à m’imposer quoi que ce soit. Dans l’idée même de ce projet, il était important que je garde une totale liberté du début à la fin de la chaîne.

Pourtant, vous disiez ne pas être un grand féru de la Toile. Comment s’est opéré ce changement ?

J’ai dit que je ne suis pas un féru des médias sociaux. D’ailleurs, ça n’a pas changé depuis. Ça ne m’empêche pas de surfer sur Internet de temps à autre pour aller chercher ce qui m’intéresse. J’y passe très peu de temps. Internet peut vite devenir cannibalisant et vous couper du monde quand on est dans l’excès. Mais, c’est aussi un très bel outil quand on sait le domestiquer. Mon service de communication a utilisé tous les moyens qu’offre le Web pour communiquer efficacement sur «To My Land». Je suis assez impressionné car je n’aurais pas été capable de faire ça.

Etes-vous candidat au poste de directeur général du CCM ?

Je ne le suis pas et ne l’ai jamais été par le passé. Je suis trop jaloux de mon indépendance et de ma liberté de créer pour devenir fonctionnaire de l’Etat. Ça supposerait de changer de vie et je n’en ai pas du tout envie. Il y a des gens très compétents au Maroc pour diriger le CCM.

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