mardi , 31 mars 2020
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Troubles «connexionnels»  

Je suis en colère et l’automne ne m’aide pas à aller mieux. Les feuilles mortes me rendent triste. La pluie ne m’enchante pas trop. Sans parler de ma connexion qui change de vitesse et de débit autant de fois que le temps change de saison dans la journée.

On dirait que mon ADSL et ma 3G mobile sont connectés au vent. Elles vont et viennent avec. Et moi, je me suis transformée en gardien qui alerte ma petite famille  des arrivées et des départs de notre chère connexion. Que faire alors quand c’est dans le Net que je me refuge en attendant des journées plus ensoleillées. Mon opérateur me prive de contact avec mes chers amis virtuels, coupe mes discussions et arrête le soutien sonore que me procurent ces musiques sur YouTube. Je vous épargne le fait qu’elle se charge à ma place d’occuper mes enfants et distraire mon mari. Donc, quand la connexion tombe, je dois être debout !

Demandez-moi pourquoi je ne me plains pas auprès de mon fournisseur, je vous dirai que je suis fatiguée de me plaindre. Mon opérateur est certes historique mais son centre de relation client est, si j’ose dire, archaïque. Les réponses des téléconseillers me laissent sur ma soif. Ils sont programmés pour formuler la même litanie, la même rengaine : vous êtes connectée Madame, regardez vos voyants, ils sont au vert. Evidement que je suis connectée mais à quelle vitesse et à quel débit ? Mes voyants sont peu stables et font un mouvement similaire à la danse du ventre.

Mais je ne suis pas la seule à pâtir d’une telle mésaventure. D’ailleurs, quand il a fait beau, j’ai lu beaucoup de commentaires dans ce sens sur Facebook. Certains de mes amis sont même convaincus que la pluie arrête la connexion. Un groupe d’internautes a fait même une proposition indécente : cotiser pour acheter un imperméable de qualité supérieure afin de couvrir la connexion et éviter ainsi tout désagrément. Cependant le comble de la lenteur est atteint quand la nuit tombe. La connexion est peureuse, elle doit se cacher des vampires. Ces vampires ne sont que l’autre et moi qui tentons de nous connecter, au même temps, et presque personne n’y arrive dignement. Notre sport favori est de mater les autres sur la planète virtuelle. Mais il se trouve que notre ADSL est non seulement peureux mais aussi pudique et refuse ainsi ne nous aider à décrocher des médailles dans notre discipline préférée. L’ADSL ne serait-il pas Halal ou même PJDiste en plein campagne d’abolition du matage. Et moi qui le croyais progressiste en quête de généralisation de la fibre optique ! Je dois certainement me tromper comme sur pas mal  de choses. Tant quand on y est, je pensais que quand la connexion est lente sur mon ordinateur, ma tablette et mon smatphone, elle devrait l’être également sur ma smart TV. Détrompez-vous, la réponse est non. Comment ? Je ne saurais vous le dire. Mais encore faut-il avoir du contenu local intéressant sur sa Smart TV pour l’exploiter à fond. J’aurais tendance à croire que nous sommes un peuple loin d’être exigeant. On cherche à s’équiper hard pour un contenu super soft. A quoi sert une télévision connectée avec presque pas d’applications locales intéressantes ? Peut-être pour frimer et dire que tous mes appareils sont intelligents. Mais le-suis-je moi ? Peut-être pas. Si je l’étais, j’aurais compris qu’une Smart TV ne sert pas, chez nous, à grand-chose et qu’une formule de connexion haut-débit est juste un package marketing d’un service qui n’a de haut que le nom et qu’il faut que je réside dans un quartier dotée de la fibre optique.

En attendant des lendemains meilleurs et ensoleillés, rendons grâce au Seigneur pour cette pluie bienfaitrice et qui n’a sans doute rien à voir avec nos troubles «connexionnels».

 

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